Un des plus émouvants témoignages jamais reçu !

©Annick Augier

(détail) On se retrouve à la rentrée !

Bon vent en image et très bon mois d’août !

Pour clore cette saison et annoncer la trêve estivale traditionnelle, j’ai choisi de faire très court. Juste l’essentiel… Le poids des mots. Ceux que S. m’a écrit après avoir lu un précédent article    Une histoire de tableau et une histoire de cœur.  

Son tableau… Notre histoire. Celle d’une rencontre au seuil de la mort. A ma demande, elle a accepté que je publie son témoignage et je l’en remercie. Voilà, je vous le confie :

Bonjour Annick,
Par quoi commencer ? Mes pensées, mes émotions ? Je vais faire simple.
La dernière fois que je vous ai vu, je me rappelle avoir prononcé ces mots : « Si un jour on m’avait dit que je m’offrirai une toile ?! » … Aujourd’hui je peux ajouter : « Si un jour on m’avait dit qu’une personne bienveillante et attentionnée allait écrire un petit bout de cette histoire de cœur entre une patiente, sa famille et son infirmière ! » Quelle belle surprise ! Si vous saviez comme cela me touche, moi qui suis toujours très discrète dans la vie sur ce que je fais dans mon travail. C’est ambigu, je ressens de l’humilité et de la fierté à la fois. Je n’ose pas répondre sur votre blog… Encore merci pour l’anonymat.

La toile est splendide, toujours aussi divine et tellement plus lumineuse. Qu’elle puisse me guider sur mon chemin et me ressourcer dans les moments de doute…
Ça y est, dans quelques jours j’aurai ma toile à moi… Bientôt elle prendra sa place dans ma maison… Dans mon cœur, elle l’était déjà.
Je vous embrasse
A très bientôt Annick
Je vous suis profondément reconnaissante… Un grand merci à votre maman (et à votre papa) pour vous avoir donné la vie.

Retournez voir ou découvrez le tableau et son histoire ici.

 

 

Au commencement était le trompe l’œil

Au commencement était le trompe l’œil ? En fait non. Avant le commencement était le pochoir. Et pourquoi? Pour oublier.

©Annick Augier pochoir

1993- Premiers pochoirs !

[…] Rome – Un dimanche de novembre 1993
Je me suis levée à l’aube ! Je ne me suis pas habillée et n’ai même pas pris le temps de mettre les lentilles de contact. Non, je suis bien trop impatiente.
J’ai passé toute la semaine à créer des pochoirs d’un mètre de haut, réinterprétant les personnages du Livre de la Jungle de Walt Disney. Aujourd’hui est un grand jour ! Pour la première fois, je peins sur les murs ! J’ai choisi la salle de bains des petits pour faire mes premières armes. On ne sait jamais, je pourrais tout rater…
Si quelqu’un me voyait ! Lunettes sur le nez, pantoufles aux pieds et robe de chambre rose protégée par un tablier, en équilibre précaire, un pied sur la baignoire, l’autre sur l’échelle…
Le premier personnage est super simple, mais me sert à dépasser l’angoisse de la paroi toute blanche. Au fur et à mesure que je vais de l’avant, je me sens plus audacieuse, l’ambition me gagne. Il me faudra bien plus d’une journée pour compléter le projet, mais qu’est-ce que cela me plaît déjà !
Je me sens heureuse ! Pour la première fois depuis bien longtemps, j’ai la sensation d’être à ma juste place ! […]

Et oui ! C’était génial, toutes ces heures pendant lesquelles je ne pensais à rien ! Cette tristesse omniprésente qui d’habitude me submergeait sans trêve disparaissait pendant que je dessinais mon motif, taillais le pochoir, mélangeais les pigments et les appliquais sur le carton. A la poubelle l’antidépresseur ! Et voilà la réponse à une des questions les plus souvent posées à un artiste : »Qu’est-ce qui vous a amené à la peinture? »

« Quels sont les maîtres qui vous ont influencés ?  » en est une autre. C’est long une carrière d’artiste, jusqu’au dernier jour de sa vie pour la plupart. Si en plus on pratique la rupture de genre dont Picasso en est un exemple éblouissant (voir ma parution sur Facebook ici ), ça promet une belle diversité de réponses ! Bref! Tout ce préambule parce que, pour répondre à cette curiosité, j’ai envie de vous faire partager régulièrement les coups de cœur qui ont jalonné mon petit parcours personnel. Cet article inaugure en quelque sorte une nouvelle série de confidences: Inspiration.

Le pochoir n’avait qu’un but : m’amener à rencontrer mon grand maître à moi.  Voici le récit de ce coup de foudre :

©Annick Augier 230x110cm huile et acrylique

1995- Le travail de l’élève Annick 2,10 x 1,10m

[…] Les cours de faux marbre succédèrent au pochoir et je dénichai d’autres livres. L’un d’eux me laissa bouche bée devant ses fantastiques illustrations. Un véritable coup de foudre ! L’auteur, Yannick Guégan, semblait être un talentueux peintre décorateur français, puisqu’il avait été sacré Meilleur Ouvrier de France. Coup de chance, il donnait des cours ! Dans l’espoir qu’il propose des stages d’été de brève durée, je lui téléphonai, le cœur battant.
Notre conversation me transporta tellement que je décidai d’aller le voir en avril 1994 en Bretagne, à Quimiac, petit village sur la mer, bondé l’été et quasi vide l’hiver. Mon

Le travail du maître Y. Guégan

Le travail du maître Y. Guégan en cours (drapé non fini)

mari m’y accompagna. La matinée passée à discuter avec le maître et quelques élèves présents fila comme le vent et quand nous sortîmes de l’atelier, Philippe se tourna vers moi et me dit : « C’est exactement ce qu’il te faut ». J’étais d’accord.
La décision fut prise en un instant. Pas de stage d’été qui de toute manière n’existait pas. En revanche, une inscription à la prochaine formation professionnelle de peintre décorateur en trompe-l’œil, de janvier à juin 1995 : six mois d’immersion totale pour apprendre un métier dont je ne savais rien. En somme, du pur délire. […]

Fin du premier épisode : les coulisses d’une vocation sur le tard. J’avais quand même 36 ans ! Une grande aventure  venait de commencer, celle de peintre en décor et trompe l’œil, métier que je pratiquai à Rome pendant 18 ans.

Les citations sont tirées de mon livre Guérie par mon second cancer – De peintre en trompe l’œil à peintre de l’âme.

Prochainement : Raphaël ( à Rome, comment passer à côté! ), Alma Tadema, etc.

Une histoire de tableau et une histoire de cœur

© Annick Augier 40x40cm technique mixte

Je me remets en marche – pour S. © Annick Augier

Une impression de déjà vu? Bravo, vous faites partie des lecteurs réguliers. Sauf que… ce n’est pas le même. Vous aimez jouer au jeu des sept erreurs? Allez donc voir Je me remets en marche  n°1. Il fait partie de la série sur laquelle je travaille cette année « Renaitre ».

Coup de fil un beau matin: « Annick, vous savez, ce tableau qui m’avait tant plu la semaine dernière à l’atelier ? Il me fascinait depuis que je l’avais vu en photo sur votre blog.  J’y ai beaucoup réfléchi et je suis prête à me faire ce beau cadeau. Vous l’avez toujours? »

Argh! Non. Le fait est que je l’ai vendu trois jours plus tôt à une personne venue de Valence pour visiter l’atelier et qui a eu un vrai coup de foudre pour cette petite toile. Dans la foulée, il m’a même commandé une autre oeuvre. Cette histoire là, je la raconterai plus tard.

Terrible déception pour S. et pour moi. C’est que cette charmante jeune femme n’est pas n’importe qui. Infirmière en soins palliatifs, elle a accompagné Maman, mon père et moi lors de ces terribles longs mois bien trop courts où Maman a attendu la mort que son cancer des bronches lui annonçait. Sans S., nous n’aurions pas pu tenir le coup et honorer notre promesse de la garder à la maison jusqu’à son dernier souffle. Alors vous comprenez combien S. est chère à mon cœur.

D’où ma proposition: « Et si je refaisais le tableau, spécialement pour vous? » Chose que je ne fais jamais habituellement. Et voilà le résultat. On peut remarquer des changements mineurs bien sûr . Ni le geste, ni les couleurs ne se dupliquent exactement. La constellation zodiacale figurée par des fragments de feuille d’or n’est plus celle des Gémeaux (la mienne), mais celle de S. Globalement le résultat est plus léger, le ciel n’est plus d’orage, mais serein, l’éclair n’a rien de dramatique, les pieds sont moins sombres et plus aériens.

Me savoir un peu présente dans cette famille si attachante par le biais de ce tableau est une joie. D’autant plus que ce n’est pas tout. Voici le témoignage que m’avait écrit S. il y a quelques mois:

J’ai lu votre livre dès que je l’ai eu en main, vous avez beaucoup de talent Annick, une très grande force en vous. Vous vous êtes relevée à chaque fois avec ténacité et courage. J’apprécie la femme que vous êtes.  Merci pour ce que vous êtes.

Votre reproduction du Portail 1 a très vite été encadrée dans la montée de mon escalier. Je l’admire tous les jours, je l’ai d’ailleurs beaucoup aimée dès le 1er jour où je l’ai vu dans la cuisine de vos parents et cela me rappelle bien les beaux souvenirs que j’ai voulu en garder.

Mon fils a comme tous les petits ses rituels de coucher… et tous les soirs il faut absolument répondre à sa demande avant de le mettre au lit : « touché l’avion d’Annick »,  dit-il.

Avec toutes ces petites choses, vous êtes un peu dans ma vie et dans ma maison, avec joie …  sans compter votre présence sur le chemin de mon M.. (son mari, assidu participant aux ateliers Mandala)

C’était l’histoire d’un coup de cœur… mutuel.

 

Une spirale créatrice qui n’a pas dit son dernier mot…

Energie créatrice 1 by Annick Augier

Energie créatrice 2013 by Annick Augier

Energie créatrice 2 by Annick Augier

Energie créatrice 2014 by Annick Augier

… ou encore « Comment tenter de s’en sortir quand on a écouté l’avis des autres… et regretté ».

Automne 2013: exposition personnelle « Valeurs d’entreprise« . Y figurait cette Energie créatrice 1. Moi je l’aimais bien.

Un an après, je la montre à un ami très cher dont le ressenti m’importe beaucoup : « Le travail de la matière est superbe, quel dommage que la spirale soit si visible ! » Il ne cesse de m’encourager à laisser aller le formalisme, limitant mais si réconfortant, pour une suggestion où rien ne figure ni dit ce qu’il faut penser. Bon, j’entends bien, mais le tableau est né ainsi. Ainsi il restera.

Energie créatrice 3 by Annick Augier

Energie créatrice 2015 by Annick Augier

Sauf que les mois suivants, les mêmes réflexions reviennent dans la bouche d’autres personnes dont j’estime l’opinion. Et c’est ainsi qu’en toute humilité, je reprends ma créature et tente de la transformer.

L’idée était bonne, le résultat désastreux à mon sens, même si je tente de me convaincre que j’ai bien fait. En réalité, toute la lumière vers laquelle tendait la spirale a disparu. Je pose la toile dans un coin et n’ose plus l’affronter… jusqu’à ce que je commence une formation avec une géniale coach américaine Alyson Stanfield sur l’utilisation des réseaux sociaux et autres pour un artiste. Pour « faire mes devoirs » et apprendre à utiliser Facebook, me revient cette toile et mon envie de la retoucher. Et voilà les étapes de la transformation décomposée sur Facebook.

La version 2015 actuelle n’est peut-être pas tout à fait terminée, mais le résultat me satisfait beaucoup plus (les photos ne sont pas terribles, clickez dessus pour mieux voir). Certains me diront qu’ils préféraient la première. On ne peut satisfaire tout le monde. Elle n’existe plus, c’est la vie.

Voici le message que j’associais à cette œuvre, mis en forme par l’auteur Virginie Cupillard à l’époque de l’exposition:

Elle nous raconte l’Homme en chemin. Le passage de l’ombre vers la lumière, l’allégorie de la caverne de Platon.
La spirale rassemble les pièces du puzzle pour s’élancer vers la lumière. Les oxydations du départ s’estompent et l’Homme peut aller vers son accomplissement.

A votre avis, est-t-il toujours d’actualité?