Histoire de tableaux: la puissance de l’arbre et du triangle

Si tu veux être un bon « marketer », nous dit-on, il est vivement conseillé de trouver ta « base-line » ou « slogan » (Dieu que le mot est vilain je trouve, mais faute de mieux…).
Moi j’oscille entre Peindre pour guérir et Peindre pour renaître.
En gros : comment symboliser sur la toile les étapes de guérison d’une personne pour que cet ancrage visuel fixe en elle ses progrès effectués. Et à chaque guérison, nous renaissons un peu plus forts, un peu plus sages ! YES !
Les oeuvres sur mesure Portrait d’âme et les ateliers Mandala offrent cette opportunité à qui veut bien tenter l’expérience.
Quant à mes clients qui « craquent » pour telle ou telle oeuvre… C’est tout sauf un hasard bien sûr.
Lisez ou relisez les histoires de :
Évidemment, je suis mon premier cobaye. Exemple :
Après avoir pris conscience, il y a deux mois, que je peignais depuis 22 ans des passages et des portails , j’ai fait une bien jolie découverte inattendue au détour du dernier atelier Mandala que j’ai réalisé en avant-première:
  • L’arbre de 1999 à aujourd’hui;
  • Le triangle en 2014 et maintenant;
  • Et ce que cela démontre du parcours effectué.

La suite en images à travers 4 oeuvres!


Tronc solitaire - ©  Annick Augier - 180 x 60 cm - Huile et feuilles de cuivre et d’or sur toile polyester collée sur bois - VENDU [...]

Tronc solitaire – © Annick Augier – 180 x 60 cm –
Huile et feuilles de cuivre et d’or sur toile polyester collée sur bois – VENDU […]

1999 – TRONC SOLITAIRE
[…] A cette époque, j’étais en proie à une profonde angoisse. Je me sentais dans l’incapacité de faire des choix différents pour améliorer les choses, prise au piège d’une totale dépendance dans tous les domaines de ma vie (ainsi me semblait-il en tout cas). Je ne savais plus ce que je voulais et ne voulais pas, coincée par mes incertitudes, paralysée par une prudence excessive… En fin de  compte, terrorisée par la peur de perdre, la peur de manquer.
Ce tronc doré, tortueux et nu, privé de feuilles, les racines détachées du sol, au cœur d’un paysage de désolation… Pendant des années, je l’ai considéré comme tourmenté, quasi mort, tel une vision de grande souffrance. Il exposait clairement mon tourment personnel. 
Je n’étais pas au top de ma forme, c’est le moins que l’on puisse dire. Si j’ajoute que quelques mois plus tard, au sortir d’une échographie, j’entendais :  » Tumeur… Surement pas bénigne… Si j’étais vous je prendrais tout de suite RV avec le chirurgien…  » , le tableau fait figure de vision prémonitoire.
Pas besoin d’en dire plus, vous devinez le reste.

 


L'Arbre de vie-Annick Augier-


L’Arbre de vie – © Annick Augier – 81 x 65 cm – Huile et acrylique sur toile – 1500 €

2014 – L’ARBRE DE VIE INVERSE

Extrait du catalogue de l’exposition Valeurs d’entreprise :
« L’Arbre de Vie inversé représente les lois de l’univers et la dimension sacrée de l’Être.
C’est dans le ciel que les Hommes puisent l’inspiration et c’est en bas qu’ils s’efforcent de la manifester.
L’Arbre de Vie symbolise le processus de création.
Ici l’homme est une plante céleste, ce qui signifie qu’il est identique à l’arbre inversé. Ses racines tendent vers le ciel et ses branches s’abaissent vers la terre pour en faire un être complet.

Le choix du cerisier ne doit rien au hasard. Au Japon il a toujours été symbole de jeunesse et de renouveau. La fleur symbolise la pureté, la beauté et le bonheur. Le fruit, symbole de la découverte et du sacrifice de soi représente la vocation guerrière du samouraï et le destin vers lequel le conduit sa voie.
Le samouraï tente, tout au long de son existence, de fonder sa conduite sur son code d’honneur. En servant pleinement, honorablement, il espère laisser une trace, la mémoire de son nom comme étant un modèle de bravoure, de fidélité, de loyauté :  » Un vrai samouraï consacre tout son temps au perfectionnement de lui-même. » (Jōchō Yamamoto).

Retour au processus d’individuation : l’histoire d’une vie, de notre mission à chacun » (Virginie Cupillard)

Nettement plus sympa ! En 15 ans, j’avais heureusement accompli un bout de chemin!

Portail 3 - ©  Annick Augier - 100 x 100 cm - Huile, acrylique et feuilles d’or et d'aluminium sur toile - 2500 €

Portail 3 – © Annick Augier – 100 x 100 cm – Huile, acrylique et feuilles d’or et d’aluminium sur toile – 2500 €

2012 – PORTAIL 3

De retour à Grenoble, après 30 ans d’absence dont 20 à l’étranger, il était temps de poser l’avion !
Les empreintes de pas rejoignent le ciel serein après avoir traversé 3 portails, laissé derrière soi un certain nombres d’objets symboliques et enfin atteint la plume d’or, à travers un triangle.
Vous avez dit TRIANGLE?  Symbole d’une grande richesse! Je retiens principalement :
  • la stabilité verticale
  • la Matière qui monte vers L’Esprit.
Vous avez dit PLUME ? Entre autres :
  • l’air
  • la légèreté
  • l’ascension

Je traduis tout ça par : retrouver de lastabilité et bâtirune vie émotionnellement, mentalement et physiquement libre. Beau programme ! Exaltant même !


 

La puissance de mes décisions ©  Annick Augier - 40 x 30 cm - Crayon aquarellable sur carton

La puissance de mes décisions © Annick Augier – 40 x 30 cm – Crayon aquarellable sur carton

2017 – ET ENFIN, L’ATELIER MANDALA

Pardon pour la photo pâlotte, mais impossible de faire mieux!
Pas une œuvre d’art, c’est sûr, mais son but était autre.
Je suis partie du tableau précédent, dont je n’ai gardé que le triangle. Le reste était d’un coup devenu totalement superflu.
  • le triangle/portail précédent s’est transmuté en pyramide ! Symbole ascensionnel et conscience de synthèse;
  • En émerge l’arbre de vie renversé précédent;
  • Au centre est gravé une baleine, allégorie de mort et résurrection. On pense à Pinocchio bien sûr, à Jonas aussi.
  • Pas discernable sur la photo, l »avion présent dans les Portails 1, 2 et 3 gît au sol, démonté et abandonné.  Visiblement mes voyages se feront désormais sur un autre plan.
En somme, je suis devenue ma propre pyramide. Au sein de cette nouvelle matrice, mon énergie se renforce, la source d’inspiration se fait plus spirituelle avant de se manifester dans le profane et je me prépare à une nouvelle naissance. Une de plus !


Un des plus émouvants témoignages jamais reçu !

©Annick Augier

(détail) On se retrouve à la rentrée !

Bon vent en image et très bon mois d’août !

Pour clore cette saison et annoncer la trêve estivale traditionnelle, j’ai choisi de faire très court. Juste l’essentiel… Le poids des mots. Ceux que S. m’a écrit après avoir lu un précédent article    Une histoire de tableau et une histoire de cœur.  

Son tableau… Notre histoire. Celle d’une rencontre au seuil de la mort. A ma demande, elle a accepté que je publie son témoignage et je l’en remercie. Voilà, je vous le confie :

Bonjour Annick,
Par quoi commencer ? Mes pensées, mes émotions ? Je vais faire simple.
La dernière fois que je vous ai vu, je me rappelle avoir prononcé ces mots : « Si un jour on m’avait dit que je m’offrirai une toile ?! » … Aujourd’hui je peux ajouter : « Si un jour on m’avait dit qu’une personne bienveillante et attentionnée allait écrire un petit bout de cette histoire de cœur entre une patiente, sa famille et son infirmière ! » Quelle belle surprise ! Si vous saviez comme cela me touche, moi qui suis toujours très discrète dans la vie sur ce que je fais dans mon travail. C’est ambigu, je ressens de l’humilité et de la fierté à la fois. Je n’ose pas répondre sur votre blog… Encore merci pour l’anonymat.

La toile est splendide, toujours aussi divine et tellement plus lumineuse. Qu’elle puisse me guider sur mon chemin et me ressourcer dans les moments de doute…
Ça y est, dans quelques jours j’aurai ma toile à moi… Bientôt elle prendra sa place dans ma maison… Dans mon cœur, elle l’était déjà.
Je vous embrasse
A très bientôt Annick
Je vous suis profondément reconnaissante… Un grand merci à votre maman (et à votre papa) pour vous avoir donné la vie.

Retournez voir ou découvrez le tableau et son histoire ici.

 

 

Une histoire de tableau et une histoire de cœur

© Annick Augier 40x40cm technique mixte

Je me remets en marche – pour S. © Annick Augier

Une impression de déjà vu? Bravo, vous faites partie des lecteurs réguliers. Sauf que… ce n’est pas le même. Vous aimez jouer au jeu des sept erreurs? Allez donc voir Je me remets en marche  n°1. Il fait partie de la série sur laquelle je travaille cette année « Renaitre ».

Coup de fil un beau matin: « Annick, vous savez, ce tableau qui m’avait tant plu la semaine dernière à l’atelier ? Il me fascinait depuis que je l’avais vu en photo sur votre blog.  J’y ai beaucoup réfléchi et je suis prête à me faire ce beau cadeau. Vous l’avez toujours? »

Argh! Non. Le fait est que je l’ai vendu trois jours plus tôt à une personne venue de Valence pour visiter l’atelier et qui a eu un vrai coup de foudre pour cette petite toile. Dans la foulée, il m’a même commandé une autre oeuvre. Cette histoire là, je la raconterai plus tard.

Terrible déception pour S. et pour moi. C’est que cette charmante jeune femme n’est pas n’importe qui. Infirmière en soins palliatifs, elle a accompagné Maman, mon père et moi lors de ces terribles longs mois bien trop courts où Maman a attendu la mort que son cancer des bronches lui annonçait. Sans S., nous n’aurions pas pu tenir le coup et honorer notre promesse de la garder à la maison jusqu’à son dernier souffle. Alors vous comprenez combien S. est chère à mon cœur.

D’où ma proposition: « Et si je refaisais le tableau, spécialement pour vous? » Chose que je ne fais jamais habituellement. Et voilà le résultat. On peut remarquer des changements mineurs bien sûr . Ni le geste, ni les couleurs ne se dupliquent exactement. La constellation zodiacale figurée par des fragments de feuille d’or n’est plus celle des Gémeaux (la mienne), mais celle de S. Globalement le résultat est plus léger, le ciel n’est plus d’orage, mais serein, l’éclair n’a rien de dramatique, les pieds sont moins sombres et plus aériens.

Me savoir un peu présente dans cette famille si attachante par le biais de ce tableau est une joie. D’autant plus que ce n’est pas tout. Voici le témoignage que m’avait écrit S. il y a quelques mois:

J’ai lu votre livre dès que je l’ai eu en main, vous avez beaucoup de talent Annick, une très grande force en vous. Vous vous êtes relevée à chaque fois avec ténacité et courage. J’apprécie la femme que vous êtes.  Merci pour ce que vous êtes.

Votre reproduction du Portail 1 a très vite été encadrée dans la montée de mon escalier. Je l’admire tous les jours, je l’ai d’ailleurs beaucoup aimée dès le 1er jour où je l’ai vu dans la cuisine de vos parents et cela me rappelle bien les beaux souvenirs que j’ai voulu en garder.

Mon fils a comme tous les petits ses rituels de coucher… et tous les soirs il faut absolument répondre à sa demande avant de le mettre au lit : « touché l’avion d’Annick »,  dit-il.

Avec toutes ces petites choses, vous êtes un peu dans ma vie et dans ma maison, avec joie …  sans compter votre présence sur le chemin de mon M.. (son mari, assidu participant aux ateliers Mandala)

C’était l’histoire d’un coup de cœur… mutuel.

 

Mandala d’avril : « Vers quoi vais-je me mettre en marche ? » et nouvelle œuvre à l’appui

 

Je reprends ma route by Annick Augier

Je reprends ma route by Annick Augier

Alors… Au fil de nos derniers RV Mandala, notre phénix a su renaitre de ses cendres et a bénéficié de l’absolue et nécessaire protection du nid. Bon, mais après une période de repos régénérateur, il est temps de sortir de l’enfance, de pointer le bec hors de cet asile devenu un brin étroit et d’aller voir ce qui se passe en dehors des lisières habituelles et confortables.

Souvenez-vous que le thème de la saison 2014-15, c’est L’OUVERTURE.

Sa petite voix intérieure lui souffle : « Bouge-toi et pars à la recherche de quelque chose d’autre. Au diable la monotonie et l’immobilisme…  La vie ne peut se résumer à ça, elle s’épuise ainsi. Tu n’es pas revenu pour suivre les mêmes ornières, mais pour oser dépasser des limites. Même juste un peu, ce sera déjà bien. »

Pour illustrer ce propos, quoi de mieux que cette nouvelle œuvre, réalisée juste après Adieu tristesse, bonjour la vie ! Et oui, c’est le titre finalement choisi pour le précédent tableau de la poupée, le goûter, les arches ruinées du cloitre, etc. (Pour ceux qui l’ont ratée, vous la trouvez ici)

Par conséquent, quoi de plus évident que de se mettre en marche après ça, pour aller vers la vie ! Foin des vestiges aussi nobles soient-ils ! Vive la nouveauté stimulante !

SAMEDI 18 OU MERCREDI 22 AVRIL

« Vers quoi vais-je me mettre en marche ? » Lire la suite

Les 1001 interprétations d’une poupée au cœur de vestiges

Arches et poupée OK

Dans un précédent article, j’évoquais le confort de finir un tableau entamé il y a un an et demi.  Il est désormais en vitrine !

A l’origine, je l’avais composé « juste pour faire joli » et me permettre des démonstrations de techniques de trompe l’œil sur quelque chose de plus intéressant que des échantillons.

Tout de même, un peu frustrant pour qui cherche le sens de toute chose, en particulier les messages qui se manifestent à travers  la création. J’en suis même arrivée à penser que le cœur de mon métier se résume à « Peindre pour guérir » (moi-même et les autres à travers les œuvres sur commande ou pas et les ateliers). Un sujet sur lequel je reviendrai sûrement. Bref, je n’avais pas vu grand intérêt à poursuivre ce projet limité et avais abandonné la toile contre un mur.

Pour quelle raison, ai-je choisi celle-ci en particulier pour m’aider à apprivoiser le nouvel atelier ? Quel rapport entre un paysage irlandais, un château fort écossais, un cloitre espagnol (transplanté à New York en plus), une poupée de chiffon, un biscuit français et pour l’oiseau je ne sais plus (je vous dévoile toutes mes sources !) ? Mystère.  D’où ma grande joie lorsque plusieurs visiteurs inspirés y ont trouvé matière à de plus larges réflexions. En voici quelques unes :

Pour une vision au premier degré, tout le monde est d’accord : c’est charmant, voire enchanteur, beaucoup de paix, les couleurs chantent, les détails séduisent et font sourire, etc. ;

Ensuite, version optimiste ou pessimiste. Par exemple : Lire la suite