Au commencement était le trompe l’œil

Au commencement était le trompe l’œil ? En fait non. Avant le commencement était le pochoir. Et pourquoi? Pour oublier.

©Annick Augier pochoir

1993- Premiers pochoirs !

[…] Rome – Un dimanche de novembre 1993
Je me suis levée à l’aube ! Je ne me suis pas habillée et n’ai même pas pris le temps de mettre les lentilles de contact. Non, je suis bien trop impatiente.
J’ai passé toute la semaine à créer des pochoirs d’un mètre de haut, réinterprétant les personnages du Livre de la Jungle de Walt Disney. Aujourd’hui est un grand jour ! Pour la première fois, je peins sur les murs ! J’ai choisi la salle de bains des petits pour faire mes premières armes. On ne sait jamais, je pourrais tout rater…
Si quelqu’un me voyait ! Lunettes sur le nez, pantoufles aux pieds et robe de chambre rose protégée par un tablier, en équilibre précaire, un pied sur la baignoire, l’autre sur l’échelle…
Le premier personnage est super simple, mais me sert à dépasser l’angoisse de la paroi toute blanche. Au fur et à mesure que je vais de l’avant, je me sens plus audacieuse, l’ambition me gagne. Il me faudra bien plus d’une journée pour compléter le projet, mais qu’est-ce que cela me plaît déjà !
Je me sens heureuse ! Pour la première fois depuis bien longtemps, j’ai la sensation d’être à ma juste place ! […]

Et oui ! C’était génial, toutes ces heures pendant lesquelles je ne pensais à rien ! Cette tristesse omniprésente qui d’habitude me submergeait sans trêve disparaissait pendant que je dessinais mon motif, taillais le pochoir, mélangeais les pigments et les appliquais sur le carton. A la poubelle l’antidépresseur ! Et voilà la réponse à une des questions les plus souvent posées à un artiste : »Qu’est-ce qui vous a amené à la peinture? »

« Quels sont les maîtres qui vous ont influencés ?  » en est une autre. C’est long une carrière d’artiste, jusqu’au dernier jour de sa vie pour la plupart. Si en plus on pratique la rupture de genre dont Picasso en est un exemple éblouissant (voir ma parution sur Facebook ici ), ça promet une belle diversité de réponses ! Bref! Tout ce préambule parce que, pour répondre à cette curiosité, j’ai envie de vous faire partager régulièrement les coups de cœur qui ont jalonné mon petit parcours personnel. Cet article inaugure en quelque sorte une nouvelle série de confidences: Inspiration.

Le pochoir n’avait qu’un but : m’amener à rencontrer mon grand maître à moi.  Voici le récit de ce coup de foudre :

©Annick Augier 230x110cm huile et acrylique

1995- Le travail de l’élève Annick 2,10 x 1,10m

[…] Les cours de faux marbre succédèrent au pochoir et je dénichai d’autres livres. L’un d’eux me laissa bouche bée devant ses fantastiques illustrations. Un véritable coup de foudre ! L’auteur, Yannick Guégan, semblait être un talentueux peintre décorateur français, puisqu’il avait été sacré Meilleur Ouvrier de France. Coup de chance, il donnait des cours ! Dans l’espoir qu’il propose des stages d’été de brève durée, je lui téléphonai, le cœur battant.
Notre conversation me transporta tellement que je décidai d’aller le voir en avril 1994 en Bretagne, à Quimiac, petit village sur la mer, bondé l’été et quasi vide l’hiver. Mon

Le travail du maître Y. Guégan

Le travail du maître Y. Guégan en cours (drapé non fini)

mari m’y accompagna. La matinée passée à discuter avec le maître et quelques élèves présents fila comme le vent et quand nous sortîmes de l’atelier, Philippe se tourna vers moi et me dit : « C’est exactement ce qu’il te faut ». J’étais d’accord.
La décision fut prise en un instant. Pas de stage d’été qui de toute manière n’existait pas. En revanche, une inscription à la prochaine formation professionnelle de peintre décorateur en trompe-l’œil, de janvier à juin 1995 : six mois d’immersion totale pour apprendre un métier dont je ne savais rien. En somme, du pur délire. […]

Fin du premier épisode : les coulisses d’une vocation sur le tard. J’avais quand même 36 ans ! Une grande aventure  venait de commencer, celle de peintre en décor et trompe l’œil, métier que je pratiquai à Rome pendant 18 ans.

Les citations sont tirées de mon livre Guérie par mon second cancer – De peintre en trompe l’œil à peintre de l’âme.

Prochainement : Raphaël ( à Rome, comment passer à côté! ), Alma Tadema, etc.

Une histoire de tableau et une histoire de cœur

© Annick Augier 40x40cm technique mixte

Je me remets en marche – pour S. © Annick Augier

Une impression de déjà vu? Bravo, vous faites partie des lecteurs réguliers. Sauf que… ce n’est pas le même. Vous aimez jouer au jeu des sept erreurs? Allez donc voir Je me remets en marche  n°1. Il fait partie de la série sur laquelle je travaille cette année « Renaitre ».

Coup de fil un beau matin: « Annick, vous savez, ce tableau qui m’avait tant plu la semaine dernière à l’atelier ? Il me fascinait depuis que je l’avais vu en photo sur votre blog.  J’y ai beaucoup réfléchi et je suis prête à me faire ce beau cadeau. Vous l’avez toujours? »

Argh! Non. Le fait est que je l’ai vendu trois jours plus tôt à une personne venue de Valence pour visiter l’atelier et qui a eu un vrai coup de foudre pour cette petite toile. Dans la foulée, il m’a même commandé une autre oeuvre. Cette histoire là, je la raconterai plus tard.

Terrible déception pour S. et pour moi. C’est que cette charmante jeune femme n’est pas n’importe qui. Infirmière en soins palliatifs, elle a accompagné Maman, mon père et moi lors de ces terribles longs mois bien trop courts où Maman a attendu la mort que son cancer des bronches lui annonçait. Sans S., nous n’aurions pas pu tenir le coup et honorer notre promesse de la garder à la maison jusqu’à son dernier souffle. Alors vous comprenez combien S. est chère à mon cœur.

D’où ma proposition: « Et si je refaisais le tableau, spécialement pour vous? » Chose que je ne fais jamais habituellement. Et voilà le résultat. On peut remarquer des changements mineurs bien sûr . Ni le geste, ni les couleurs ne se dupliquent exactement. La constellation zodiacale figurée par des fragments de feuille d’or n’est plus celle des Gémeaux (la mienne), mais celle de S. Globalement le résultat est plus léger, le ciel n’est plus d’orage, mais serein, l’éclair n’a rien de dramatique, les pieds sont moins sombres et plus aériens.

Me savoir un peu présente dans cette famille si attachante par le biais de ce tableau est une joie. D’autant plus que ce n’est pas tout. Voici le témoignage que m’avait écrit S. il y a quelques mois:

J’ai lu votre livre dès que je l’ai eu en main, vous avez beaucoup de talent Annick, une très grande force en vous. Vous vous êtes relevée à chaque fois avec ténacité et courage. J’apprécie la femme que vous êtes.  Merci pour ce que vous êtes.

Votre reproduction du Portail 1 a très vite été encadrée dans la montée de mon escalier. Je l’admire tous les jours, je l’ai d’ailleurs beaucoup aimée dès le 1er jour où je l’ai vu dans la cuisine de vos parents et cela me rappelle bien les beaux souvenirs que j’ai voulu en garder.

Mon fils a comme tous les petits ses rituels de coucher… et tous les soirs il faut absolument répondre à sa demande avant de le mettre au lit : « touché l’avion d’Annick »,  dit-il.

Avec toutes ces petites choses, vous êtes un peu dans ma vie et dans ma maison, avec joie …  sans compter votre présence sur le chemin de mon M.. (son mari, assidu participant aux ateliers Mandala)

C’était l’histoire d’un coup de cœur… mutuel.

 

RV Mandala: que vous évoque ce tableau?

« Renaissance » by Annick Augier

Pour ce dernier RV Mandala concluant le cycle dédié à L’OUVERTURE, le thème m’est resté mystérieusement caché tout le mois de mai ! Trop de ponts sans doute, qui incitaient au farniente et peu propices à vous proposer de travailler sur soi! Moi j’avais (et j’ai toujours) à peindre. Nouvelles inspirations et modes de réalisations, mais j’en parlerai une autre fois. Les jours passaient et, à mon grand ennui, je n’arrivais toujours pas à mettre de mots sur cette conclusion. Et puis voilà… Pouf ! M’est venue l’intuition. Ce tableau ! Je l’ai fini il y a peu. Je vous dévoile le titre qu’il évoque pour moi, mais sentez-vous libres d’y voir autre chose. Pardonnez-moi pour les dates qui sont proches. Continuer la lecture

Les 1001 interprétations d’une poupée au cœur de vestiges

Arches et poupée OK

Dans un précédent article, j’évoquais le confort de finir un tableau entamé il y a un an et demi.  Il est désormais en vitrine !

A l’origine, je l’avais composé « juste pour faire joli » et me permettre des démonstrations de techniques de trompe l’œil sur quelque chose de plus intéressant que des échantillons.

Tout de même, un peu frustrant pour qui cherche le sens de toute chose, en particulier les messages qui se manifestent à travers  la création. J’en suis même arrivée à penser que le cœur de mon métier se résume à « Peindre pour guérir » (moi-même et les autres à travers les œuvres sur commande ou pas et les ateliers). Un sujet sur lequel je reviendrai sûrement. Bref, je n’avais pas vu grand intérêt à poursuivre ce projet limité et avais abandonné la toile contre un mur.

Pour quelle raison, ai-je choisi celle-ci en particulier pour m’aider à apprivoiser le nouvel atelier ? Quel rapport entre un paysage irlandais, un château fort écossais, un cloitre espagnol (transplanté à New York en plus), une poupée de chiffon, un biscuit français et pour l’oiseau je ne sais plus (je vous dévoile toutes mes sources !) ? Mystère.  D’où ma grande joie lorsque plusieurs visiteurs inspirés y ont trouvé matière à de plus larges réflexions. En voici quelques unes :

Pour une vision au premier degré, tout le monde est d’accord : c’est charmant, voire enchanteur, beaucoup de paix, les couleurs chantent, les détails séduisent et font sourire, etc. ;

Ensuite, version optimiste ou pessimiste. Par exemple : Continuer la lecture

Le nouvel atelier prend vie, photos à l’appui

Hangart Atelier 2014-01 (3)

Génial, une vitrine ! On se fait même des sourires avec certains passants.

Qui dit nouvel atelier dit nouvelle inspiration ! Les idées bouillonnent :

  • reprendre certaines toiles faites du temps où : vraiment, où avais-je la tête pour peindre de cette façon ?!.  Et oui, dix ans plus tard, on a fait des progrès, ça fait plaisir à constater !
  • plaisir de finir un tableau entamé il y a un an et demi pour deux démonstrations de techniques de trompe l’œil et abandonné contre un mur (photos à venir) ;
  • bon, ces travaux-là, c’est du tout cuit. Je sais faire et c’est rassurant pour s’acclimater à un nouveau cadre. Par contre, quelle joie de trouver comment aller de l’avant sur un projet très bizarre, jailli il y a six mois à la suite d’une « trahison » amicale (réparée depuis et belle opportunité de comprendre un nœud très important), dont je ne savais plus que faire, le premier élan passé (photo de l’ébauche plus bas). Attention, elle est en train de devenir assez violente, âme sensible s’abstenir. J’espère l’avoir fini pour la fin du mois. La dernière étape sera difficile à faire, je croise les doigts pour ne pas tout gâcher ;
  • justement,  envie d’aller vers le bizarre, de m’éloigner de la forme si codifiée et contrôlée du trompe l’œil. Avec la série « Valeurs d’entreprise « , j’avais poursuivi la veine surréaliste effleurée dans certaines des compositions personnelles qui illustrent les étapes de guérison de mon livre « Guérie par mon second cancer« . Et si j’allais plus loin ? Ouh ! C’est super angoissant de lâcher le confort de ce que l’on maitrise pour se remettre en question. Une idée va se poser sur la toile dès cette semaine, l’autre est en cours de métabolisation. Affaire à suivre…
  • Cours de peinture « Eveil à Soi » et ateliers Mandala ont repris dans une nouvelle ambiance, entourée du souffle créateur des 5 artistes de l’association Le Hang’Art. C’est stimulant pour tous. Voici les commentaires des deux « nouveaux », trouvés dans ma boite mail le lendemain.:

Monique : Un grand merci à toi Annick pour ce beau moment de partage et de découverte. Mon désir de me réaliser enfin, de faire émerger mon individualité, en un mot de » guérir » m’incite à poursuivre mon chemin de renaissance.

Laurent : Merci pour ce riche et sympathique aprés-midi de découvertes et de libertés guidées. Partages dans l’art de laisser les sensibilités et les messages profonds s’exprimer en allers-retours naturels vers des centres et des périphéries. Moments apaisants, créatifs, ludiques et nourissants dans de douces notes d’humanité.

Un bon souvenir, ainsi que point de départ lumineux dans toute possibilité d’évolution adaptée.  Voilà ce que je ressens en regardant ce que cette expérience vient de me faire produire.

Tu maîtrises des choses « supra-humaines » qui sont formidablement puissantes.  Je ne connais quasiment rien à tout ce que tu arrives à faire (channelisation, etc), mais suis bluffé par la justesse de tes vues. Bravo !!

Bise d’un paon aux lourdes plumes allégées par la grâce de stimulantes expériences et découvertes.  Merci la vie!

Y’a pas à dire, ça fait chaud au cœur, vous ne trouvez pas ? !

Avis aux amateurs : il reste des places pour l’atelier du mercredi 18 Février ! Détails ici.

Et voilà d’autres images !

DSCN0747

Atelier Mandala en pleine action

Hangart Atelier 2014-01 (1)

Le tableau bizarre est sur le chevalet, la démonstration par terre

DSCN0759

La naissance du Mandala passe par le découpage !

Hangart Atelier 2014-01 (5)

Projets d’élèves en cours par terre, toiles à reprendre au-dessus

Hangart Atelier 2014-02

La démonstration avance!

 

RV Mandala « Prêts à faire renaitre votre phénix de ses cendres ? » … et nouvel atelier pour vous accueillir.

Détail

Détail de « Résurrection par le feu« 

Vous souvenez-vous du thème posé pour la saison Mandala 2014-2015 ? L’OUVERTURE.

Chaque séminaire permet de l’aborder sous différends angles et chacun d’eux nous permet d’avancer pour sa matérialisation dans notre vie quotidienne.

On me demande souvent : comment fais-tu pour choisir les sujets ? En fait, c’est un mix entre channeling et test kinésiologique, qui reflète ce que j’expérimente dans ma propre vie.  Ainsi, 2012-13 abondait en sujets riches de découvertes passionnantes sur soi. Par exemple : Aie mes ancêtres De l’âpreté à la gratitude, Stop au ressentiment, etc. En revanche, en 2013-14 j’ai fait un break. J’accompagnais Maman, en soins palliatifs à domicile, et je n’aurais pu partager que des chroniques d’une mort annoncée. Par conséquent, je me suis tu… et mes pinceaux ont fait de même.

Heureusement, nous portons tous en nous un phénix qui renait de ses cendres. Une fois, deux fois… Cent fois s’il le faut. Les terres brulées reverdissent, un nouveau cycle commence, mon livre est publié (sept ans de grossesse quand même) et je retrouve un souffle créatif, ténu mais insistant. Et faites confiance à l’Univers pour vous envoyer ce qu’il vous faut au bon moment, même si ça bouscule pas mal. Dans mon cas, comment trouver un nouvel atelier qui s’impose comme une évidence… sans même savoir que j’en cherchais un !

La grande nouvelle de ce début d’année, c’est ma grande joie d’intégrer l’équipe de la  galerie/atelier Le HANG’ART au centre de Grenoble. Un lieu de qualité aux arcades pleines de charme, bien connu dans la région pour ses expositions régulières depuis 10 ans, représentatives de l’art contemporain et actuel.  Par conséquent, atelier et cours de peinture, ainsi que les RV  Mandala se font désormais là-bas. Des expos suivront bien sûr. N’hésitez pas, un petit coup de fil (06 44 26 34 75) pour s’assurer qu’il y a quelqu’un et passez nous voir. Il y a toujours des créations à voir, de moi, Martine Chaperon, André Chichignoud, etc. En attendant, je vous convie à ce premier RV Mandala de l’année !

SAMEDI 14 ou MERCREDI 18 FEVRIER

« QUEL PHÉNIX EN VOUS EST PRÊT A RENAITRE DE SES CENDRES ? » Continuer la lecture

Expo collective des Inform’elles Artistes !

A Grenoble existe un chouette réseau de femmes professionnelles Les Inform’elles .  Parmi ces gentes dames, certaines se distinguent par leurs activités artistiques.  Cette année, grande première : 14 de nos créatrices exposent dont votre serviteur. Votre servante plutôt. Vous reconnaissez le petit avion en 2ème position sur l’affiche? Livres, tableaux, reproductions de certaines œuvres, posters seront sur mon stand. Une occasion sympa de se rencontrer. A bientôt!Informelles Affiche 12-2014

 

Le bouquet peint : du contrôle au lâcher-prise

J’ai de nouveau participé à un atelier d’arts plastiques de Laetitia Paccoud, Histoires d’artistes. Sujet : la découverte d’Odilon Redon et l’usage des pastels secs qu’il a beaucoup utilisé. Comme pour l’atelier sur le portrait, je n’avais aucune attente particulière, si ce n’est l’envie de pratiquer ces fameux pastels, pour la première fois. Ah, le bonheur de se couler dans la peau d’une étudiante débutante, loin des exigences professionnelles ! Et c’est dans cet agréable lâcher-prise que j’ai, là encore, jeté sur le papier une surprenante création, à des années-lumière de mon style habituel !

Mais d’abord, petit retour en arrière… Argh ! Pas si petit, presque 20 ans !

Marqueterie de pierres dures en trompe l’œil Annick Augier

1995 – Rome : première commande de ce type, précurseur de bien d’autres. Peinture ou marqueterie de pierres dures ? L’une et l’autre. Ceux qui ont visité Florence n’ont pu manquer d’admirer ces somptueux puzzles de marbres et de pierres semi-précieuses, mis à la mode dès la Renaissance par les Médicis. L’Opificio delle pietre dure créé en 1588 par le Grand-duc Ferdinand 1er porta cet art prestigieux à son apogée. Certaines compositions sont si remarquables qu’on les nomme Peinture de pierre. A voir pour le croire!

La mienne, évidemment, n’est le produit que de techniques picturales, acrylique et huile. Simple, non ? Je confesse quand même un ingrédient invisible : l’utilisation de feuilles d’aluminium et de cuivre. Le comment reste mon petit secret, accessible à mes seuls élèves préférés ! Le cadre, lui, est une imitation de la précieuse loupe de noyer. La seule photo retrouvée dans mes archives n’est malheureusement pas terrible, mais je vous assure que l’effet trompe l’œil des matières était bluffant et avait ravi ma cliente.

Bouquet acrylique et huile, partie d'un trompe l'oeil Annick AugierUne évidence : il n’y a pas création plus contrôlée  et rigide que ce bouquet de pierres, aussi bien dans la réalisation pratique que dans la nature même de la chose imitée. Bon, à  mes débuts comme peintre en décors et trompe l’œil, je me régalais dans l’imitation de la matière. Solide, sans complication.  Bigrement rassurante, je trouvais.

2005 – Côte d’Azur : commande d’une terrasse en trompe l’œil, en prolongement d’un balcon existant. Le bouquet ornant le rebord de l’ouverture est de facture classique. Son rôle est de meubler un premier plan de façon décorative. Plus de souplesse que pour le premier, mais recherche de la vraisemblance quand même.

 

 

 

Inspiration lointaine d'Odilon Redon par annick Augier2014 – Grenoble : libre interprétation aux pastels secs d’une œuvre d’Odilon Redon. Boum ! En trois quart d’heures m’est sorti des mains ce bouquet tout de guingois, aux fleurs jetées « à la va comme je te pousse », plus suggérées qu’autre chose. Ni fait, ni à faire, diamétralement opposé à ma recherche habituelle de l’abouti, de la perfection jamais atteinte. Pourtant, il m’a mise en joie !

Certes, il exprime quelque part la même idée que dans l’autoportrait Jean qui rit et qui pleure. Chassez le naturel, il revient au galop. Inutile de se leurrer, aujourd’hui, c’est quand même  ce que je vis, MAIS ici, la gaieté prédomine, je trouve !

  •  à gauche, un embryon seulement de bouquet triste, mais dans la zone du passé, ouf !
  •  à droite, un bien joyeux bouquet, dominé par un tournesol triomphant, toujours tourné vers le soleil, symbole de bonne humeur. Une cascade de petites fleurs roses et rouges accompagnées de jeunes feuilles d’un vert tendre, dégringolent allègrement, hors de tout contrôle, vers l’avenir.

En somme, un bouquet optimisme, annonciateur d’un devenir riche de promesses.YES !

Une dernière confidence : à la recherche d’un nouveau souffle depuis quelques mois, j’ai envie de peindre autrement. Moins dans la forme exacte, plus dans l’essentiel et le dépouillement. Dur dur de quitter ce qui rassure, ce qui fait qu’on se sent confortable. Cette semaine, deux idées sont apparues à ma vision intérieure. Une toile est posée sur le chevalet, quelques lignes esquissées à la craie. Je finirai bien par me jeter à l’eau. Et si c’est raté ? Je recommencerai.

Après tout, le chevalier de Méré, écrivain et fort honnête homme du XVIIème  affirmait : «  celui qui ne veut pas se hasarder ne doit pas songer à s’élever. »

Alors, que diantre, hasardons-nous et tâchons de bien nous élever !

« Jean qui pleure et Jean qui rit » – 2

2- Annick qui rit

Jean qui rit et pleure petit

Dessin original
« Annick qui pleure et rit »

Jean qui rit                    Second montage : Annick qui rit ! Et pas seulement! Je lui trouve un je ne sais quoi de diablotin et de malicieux qui m’enchante. Les derniers mois de Maman nous obligent à vivre comme jamais auparavant dans le « ici et maintenant », ce qui ravirait Eckhard Tollé, homme sage, dont l’intéressant guide d’éveil spirituel Le pouvoir du moment  présent prône justement ce principe. Cet immobilisme apparent (dans la tête, qu’est-ce que ça travaille par contre !) est difficile à vivre pour le Gémeaux que je suis, toujours dans une dynamique de transformation, à la recherche de quelque chose d’autre à découvrir, prompt à explorer au-delà des confins de son territoire habituel…

C’est pourquoi la sortie de mon livre cet automne, GUERIE PAR MON SECOND CANCER, de peintre en trompe l’œil à peintre de l’âme, va sans nul doute être un formidable renouveau : une reconnection à ma nature profonde : mouvement, liberté, communication. Un autre métier à découvrir et à apprendre sur le tas, celui d’un auteur avec un ouvrage à promouvoir !

Et j’en suis convaincue, de nouvelles peintures et d’autres ateliers, dont je n’ai encore qu’une bien vague idée pour être sincère, mais je fais confiance à l’univers pour m’inspirer avec justesse, le moment venu.

Après  des mois centrée sur ma famille d’origine, le temps va revenir de repartir dans le monde et les contacts extérieurs.

En conclusion, pour qui croit comme moi que tout est symbole, permettez-moi de revenir au croquis initial avec ses deux aspects. Pour les familiers de la mythologie romaine, ne trouvez-vous pas qu’il peut s’apparenter aux deux faces de Janus ?

Janus

Janus était une divinité de premier plan à Rome, représentée avec deux visages, l’un tourné vers le passé et l’autre tourné vers le futur. Le mois de janvier lui doit d’ailleurs son nom. Il préside aux commencements et aux fins, aux passages. C’est le dieu des choix, des clés et des portes (en grec : Ιανός (Ianós en phonétique).

En ce passage initiatique que nous vivons, ma famille et moi, cette symbolique me fait du bien. Il y aura un après, pour nous qui restons, où le meilleur est encore possible.

Comme le dit Ovide : « Accueille ta douleur, car tu apprendras d’elle. »

PS.- J’ai reçu de nombreux messages après la parution de la première partie, tous formidables de sensibilité et de chaleur humaine. Je vous remercie tous,
c’est pour ces instants d’humanité et de solidarité que la vie vaut la peine d’être vécue. Merci du fond du cœur.